Le jeûne au cœur de la santé naturelle - Article paru dans le bulletin de l’APMA n°110

Le jeûne au cœur de la santé naturelle

Pourquoi jeûner ? Qui peut jeûner ? Quand jeûner ? Comment jeûner ?

 

Pourquoi jeûner ?

Parce que l’organisme humain est physiologiquement et biochimiquement équipé pour jeûner. Il est d’ailleurs mieux préparé pour faire face au manque que pour faire face aux excès.

Le jeûne n’est pas une privation de nourriture, c’est une façon de se nourrir autrement et de l’intérieur. Pendant le jeûne nous nous nourrissons de vos réserves de graisses et des déchets organiques glycoprotéiques accumulés qui pourraient à long terme faire le lit de la maladie.

 

Parce que le jeûne aide notre organisme à se réparer :

- Le jeûne active les émonctoires (organes chargés d’éliminer les déchets).

Ces déchets sont constitués des toxines exogènes (surcharge liée aux excès alimentaires, additifs de synthèse) et des toxines endogènes (qui sont le résultat des processus biochimiques internes)

- Le jeûne permet l’autolyse des tissus vieillis, malades et kystiques ainsi que des dépôts fixés dans la substance fondamentale du tissu conjonctif, dans les articulations et les tendons.

Les cellules abîmées ou malades servent de nourriture à l’organisme, en complément des réserves de graisse. Cette problématique est une donnée actuelle de la science qui a fait l’objet du prix Nobel 2016, attribué à Yoshinori Ohsumi, pour sa découverte sur les mécanismes de l’autophagie : « Un processus physiologique fondamental pour la dégradation et le recyclage des composants cellulaires. »

 

Quand nous jeûnons notre corps se restaure dans les deux sens du terme :

• Il se nourrit de ses réserves et vide ses poubelles internes

• Il se nettoie, se désintoxique puis se régénère, ce qui vous permet de faire le plein d’énergie.

 

Qui peut jeûner ?

Toute personne adulte et sans limite d’âge moyennant quelques précautions.

 En effet, passé l’âge de 35 ans, les émonctoires sont moins performants, il faut donc les stimuler, le jeûne est un merveilleux moyen de le faire.

 

Quand jeûner ?

 Tout d’abord quand nous nous sentons prêts à en faire l’expérience, mais surtout quand votre état de santé le nécessite : surpoids, fatigue chronique, dépression, douleurs articulaires etc.

 Il est possible de jeûner à tout moment de l’année, les deux périodes les plus favorables étant le printemps

et l’automne.

 

L’accompagnement spécifique du jeûne avec JOMS.

Nous permettons à chacun de jeûner dans les meilleures conditions de confort et de sécurité.

- Chaque jour nous marchons en plein air et proposons à tous ceux qui le souhaitent de découvrir la marche thérapeutique à corps entier avec des bâtons de marche nordique.

- Chaque jour nous proposons une séance « Connaître son corps et l’assouplir » avec :

• Apprentissage de la respiration dans les trois plans de l’espace, guidée par le rachis et le centre du diaphragme, là où repose, calme et paisible, le cœur.

• Découverte de l’automassage des pieds et du ventre.

• Étirements et assouplissements.

 

- Pour assurer le bon fonctionnement des membranes cellulaires, notre corps doit bénéficier en quantité suffisante d’oligo-éléments, de minéraux, d’enzymes, de sel et d’acides gras. Ils nous sont fournis pendant la semaine par des jus crus de légumes et de fruits fraîchement préparés chaque matin, et par le bouillon du soir.

- Dès la visite médicale du premier jour vous êtes pesé sur une balance à impédance. Celle-ci indique la composition corporelle (masse grasse, masse musculaire, hydratation).

• Si la masse musculaire est jugée suffisante, vous pourrez jeûner en toute sécurité.

• Si la masse musculaire est jugée insuffisante mais compatible avec le jeûne, vous bénéficierez d’un apport protidique individualisé : voir ci-après le témoignage d’Anne-Marie, 87 ans.

• Si la sarcopénie (diminution importante de la masse musculaire et de la force musculaire) est excessive et la vitalité particulièrement diminuée, il ne faut pas jeûner. La cachexie est une contre-indication majeure au jeûne.

 

A ce jour Marie-Laurence Vella, infirmière et moi-même, médecin homéopathe praticien de médecine intégrative, avons accompagné de nombreuses personnes de 18 à 93 ans avec des résultats si encourageants que nous vous invitons à jeûner pour :

• Votre bien-être ou votre mieux-être

• La prévention

• Le retour à une santé optimale

 

L’accompagnement de la maladie en l’harmonisant avec les traitements conventionnels et complémentaires

• La convalescence

• Bien vieillir

 

Jeûner est une authentique démarche de santé individuelle tant pour la santé physique que pour la santé psychique.

Jeûner est un merveilleux moyen de retour sur soi et nous invite à porter considération à la réalité spirituelle qui imprègne la nature humaine.

Jeûner permet à chacun d’envisager le temps avec plus de sagesse, ce qui est très utile pour prévenir et traiter le burn-out.

Jeûner permet à chacun de mieux ressentir le vivant dans son corps, donne plus de place à la sensibilité créative et répare les dégâts occasionnés par :

• Les sollicitations mentales excessives (trop d’intellect, trop d’écrans de toutes sortes).

• L’absence de mouvement corporel adéquat et suffisant.

• Le déficit croissant des capacités mentales imaginatives en raison d’une place trop grande prise par la pensée rationnelle.

 

Jeûner est un bon moyen de retrouver inventivité et créativité. C’est une invitation à entreprendre ou à renouer avec la pratique d’une activité artistique épanouissante.

 

 

 

Pour en savoir plus sur le jeûne, je vous recommande :

• Un film scientifiquement très bien documenté : « Les bienfaits du jeûne » de Thierry de Lestrade :

https://www.dailymotion.com/video/x31wzrb

• Une conférence de Thierry de Lestrade pour l’école de naturopathie ISUPNAT :

https://youtu.be/xSxSVc1QS_U

 

OUI, Jeûner c’est la santé !

 

Docteur Michel SOLON

 

 

Accompagner sa chimiothérapie par des journées de jeûne

 

Nous recevons d’une adhérente de l’APMA ce témoignage sur les effets du jeûne pendant les cures de chimiothérapie. Il a été publié dans la revue Que Choisir Santé en décembre 2011, pour appuyer notamment les thèses de Valter Longo, chercheur sur le thème en Californie, qui, à l’époque, recueillait des témoignages auprès de certains centres de jeûne en Europe.

 

Valter D. Longo, né à Gênes en 1967, est de plus médecin gérontologue et professeur de biologie cellulaire et de génétique. Ses travaux de nombreuses fois récompensés portent autant sur le jeûne thérapeutique que sur le vieillissement cellulaire. Ses découvertes du lien entre ces deux domaines sont largement diffusées.

 

« En mars 2007, après une série d’examens qui a duré plusieurs mois, le diagnostic est tombé : un lymphome qualifié de très agressif, accompagné d’une leucémie lymphoïde chronique. Pronostic pessimiste. Les médecins voulaient commencer la chimiothérapie très vite. Mais j’avais besoin d’un temps pour digérer la nouvelle et pour prendre d’autres avis, j’ai donc demandé un délai de quinze jours avant de commencer. Cela ferait correspondre la première cure de chimiothérapie au week-end de Pâques, ce qui m’allait bien.

 

Je me suis toujours intéressée au corps, notamment dans le domaine du mouvement, et j’ai pas mal exploré les médecines alternatives, devenant thérapeute du corps et du mouvement. Cela fut un choc aussi pour cette raison : m’étais-je donc trompée toute ma vie ? Comment continuer d’enseigner si je n’étais pas capable de me prendre en charge d’une façon qui me permette de rester en bonne santé ? Tous mes choix étaient réinterrogés.

 

Je suis née au Maroc et, enfant, j’avais la sensation que l’océan, le soleil, les vagues, le vent, les arbres, tout cela était bénéfique. Le lien entre la santé et un corps heureux me paraissait évident et c’est dans un lien direct avec la nature que je le ressentais le plus. Conseillée sur mon orientation professionnelle, les seules pistes étaient universitaires : après mon bac, j’ai donc commencé des études de médecine, et d’éducation physique, et me suis finalement orientée vers le CAPES d’éducation physique, qui me mettait davantage en lien avec mon corps vivant. J’ai enseigné dans le secondaire puis à l’Université, tout en continuant à me former parallèlement aux méthodes de soins qui associent le corps et le mouvement, comme le yoga et la naturopathie, puis, après de solides formations dans ce domaine (gymnastique Bothmer, puis eutonie), j’en ai fait mon métier.

 

Quand j’ai appris ma maladie, j’ai consulté un certain nombre de spécialistes en qui j’avais confiance, médecins homéopathes d’orientation anthroposophique pour la plupart. A la vue de mon dossier, tous m’ont dit, de façon assez pressante : « Tu commences ta chimiothérapie tout de suite, et on verra après. » Cette réponse unanime m’a confortée dans la décision d’accueillir complètement le traitement, et de faire de mon mieux pour laisser les produits agir, sans résistance, alors que cela faisait quarante ans que je n’avais pas pris de médicaments chimiques.

 

Je m’étais dit qu’une fois le traitement terminé, si cela était rendu possible, je ferais un séjour à la Lukas

Klinik, clinique suisse spécialisée dans le traitement par le Viscum album et par les thérapies artistiques. Mais dans cet article, c’est des bienfaits du jeûne que je voudrais témoigner. En effet, pour nettoyer mon foie, rien ne me semblait plus approprié que de faire une semaine de jeûne. J’en connaissais les bénéfices, pour avoir donné des cours de relaxation dans une clinique de jeûne à Metz au tout début de ma carrière d’enseignante. C’est là que j’ai fait mon premier jeûne, de quinze jours, pour expérimenter ce que les patients vivaient, et m’en suis très bien trouvée, continuant sans difficulté mes cours d’éducation physique au lycée. Depuis, sans avoir de pratique régulière, il m’arrivait de jeûner une ou deux journées, avec tisanes, quand je me sentais lourde ou fatiguée.

 

On m’a prescrit une chimiothérapie à forte dose, des séances de deux jours tous les quinze jours, qui nécessitait une hospitalisation de trois nuits pour rester en observation. Je n’avais pas pensé à jeûner avant de commencer le traitement, mais une fois à l’hôpital, je me suis vite rendu compte qu’il m’était impossible de manger quoi que ce soit. Il y a une odeur très particulière dans ces services où on n’ouvre pas les fenêtres pour éviter les contaminations. On partage sa chambre avec des personnes qui vont parfois très mal, le système de perfusion gêne pour dormir, on est épuisé. J’ai fait un petit effort pour manger pendant le premier séjour à l’hôpital, puis le jeûne s’est imposé de lui-même, sans doute aussi parce que j’en connaissais les effets bénéfiques.

 

Ayant appris à être à l’écoute de mon corps, j’ai respecté les signaux qu’il me donnait. Je crois que c’est la seule chose à faire. L’écœurement et la fatigue disent qu’il ne faut pas se forcer à manger et qu’il faut beaucoup se reposer. De retour chez moi, j’avais des nausées terribles. Je restais immobile, allongée, à respecter avec douceur mon organisme. La plupart des personnes dont j’ai partagé la chambre à l’hôpital choisissaient de regarder la télévision, de penser à autre chose pour ne pas céder à la peur. Pas moi. Je m’isolais intérieurement. Pendant toute la durée de la chimiothérapie, j’ai cherché à être disponible, réceptive au traitement, en acceptant cette expérience totalement. Le jeûne favorise la concentration, apaise et il m’a aidée à ne jamais paniquer.

 

À partir de la deuxième séance, je me suis limitée aux boissons depuis le soir précédant mon entrée à l’hôpital. Je ne mangeais rien pendant l’hospitalisation, ni les deux ou trois jours suivant mon retour. Soit cinq à six jours de jeûne. J’étais de toute façon bien incapable d’avaler quoi que ce soit. En revanche, je buvais beaucoup, de l’eau, et du jus de mangue dont j’avais une grande envie. J’avais l’impression que cela me nettoyait. Quand je me sentais mieux, je mangeais les seuls aliments qui m’attiraient : de la soupe, des bananes, des mangues, de la salade et des brocolis. C’est tout ce qui passait.

 

J’ai essayé de limiter le plus possible l’arsenal de médicaments proposés pour lutter contre les effets secondaires de la chimiothérapie : les nausées, les aphtes, les hémorroïdes, la dépression, l’insomnie... Le jeûne m’y a aidée, m’a permis d’éviter le stress, de mieux dormir. Ce temps continu, qui n’est pas rythmé par les repas, permet d’être entièrement dédié à l’écoute de son corps. Cela m’a aussi donné le sentiment d’être active dans mon traitement, de prendre ma santé en main, tout en acceptant par ailleurs le protocole de l’hôpital, et cela, c’était important aussi. Une forte relation humaine se développe dans le service, avec les médecins, les soignants et les autres malades. Avec des bénévoles également qui offrent des temps d’écoute, des massages, des conseils de maquillage ou dans le choix d’une perruque. J’y ai trouvé ma place.

 

Dès que j’ai pu le faire, je me suis inscrite pour un stage d’une semaine de “jeûne et randonnée”, dans la Drôme, pour les paysages. C’était en février, huit mois après la fin du traitement. Je sentais le besoin de purifier, de nettoyer mon organisme, parce que la chimiothérapie atteint tout le corps, pas seulement les cellules malades. Cela s’est extrêmement bien passé. J’avais une énergie extraordinaire et n’ai absolument pas souffert de l’absence de nourriture. La beauté de la nature nourrit, et le groupe de personnes qui jeûnent avec nous, qui partagent l’effort et la privation, mais aussi les bons moments, soutient beaucoup. Depuis, je fais un jeûne d’une ou de deux semaines chaque année, avec randonnée, car l’activité aide également l’organisme. Je me sens toujours tellement bien après ! Surtout quand j’arrive à faire une reprise alimentaire dans les règles ».

 

 

Article paru dans le bulletin de l’APMA n°110

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